Football et peur de l’échec : apprendre à perdre.

9 octobre 2016 - 14:25

Football et peur de l’échec : apprendre à perdre

L’ambition première au foot est de marquer plus de but que l’adversaire : on veut tous gagner ! Du coup quand deux équipes s’affrontent il y en aura forcément une de déçue (excluons le match nul) Autant le dire tout de suite vous allez perdre (comme dirait Aimé Jacquet) donc autant s’y habituer mais est-ce si facile et surtout que faut-il retirer de cette défaite ?

Qu’est-ce qu’un échec ?

L’entraineur est trop souvent vu comme le responsable d’une défaite, d’une victoire. Il est celui qui doit amener l’équipe à remporter le match. Or c’est réduire sa fonction c’est aussi lui donner trop d’importance. Car il ne peut à lui seul garantir une victoire ! Jamais un entraineur ne peut affirmer avec une grande certitude : nous allons gagner !

L’entraineur est là pour essayer de mettre en place un certains nombres de conditions, de paramètres qui sont propices à faire gagner l’équipe. Un nombre multiples de choses vont faire que l’équipe peut gagner ou perdre :

  • Etat de forme du gardien
  • Concentration et confiance du buteur
  • Météo
  • Efficacité de l’adversaire
  • Poteau sortant….

Vous voyez en deux petit paragraphes j’ai déjà réussi à démonter le mythe de l’entraineur responsable à chaque instant de la victoire ou de la défaite. Ce que l’on peut transposer à chaque joueur d’une équipe.

On voit encore trop souvent des défaites ramener à la défaillance d’un joueur ou d’un autre.

Ceux que je veux vous amener à comprendre c’est que s’acharner en ne voyant que le besoin de réussite peut parfois engendrer des effets contre-productifs. Les joueurs(comme l’entraineur) peuvent  échouer et perdre confiance car le travail est réduit à son résultat et fait oublier que c’est le fruit d’un long processus d’apprentissage et d’expérience.

Apprendre de l’échec

Ok vous avez perdu c’est triste et embêtant pour le classement. La vague de réflexion post traumatisme se met en place : « et si j’avais…et si et si » C’est trop tard c’est fait c’est acté. Il faut maintenant comprendre la signification de cet échec.

Et surtout comprendre ce qui a amené à cet échec. Car ce n’est pas quelque chose de bref qui vous tombe dessus c’est une construction à partir de divers éléments. Et donc la victoire possède le même processus. Et vous savez quoi ? Dans le processus de la victoire vous y retrouverez l’échec.

L’expérience fait progresser dans tout processus d’apprentissage. Je fais, je rate, je ré-essai différemment etc…jusqu’à trouver la solution. Si dans un cas précis : j’essaye, j’abandonne et bien je ne progresse pas. Donc si la défaite amène comme seule réaction de la frustration et une non modification de comportement sur le terrain elle n’aura servis à rien. Si un échec n’amène pas le joueur à se dire : « ok je me suis loupé mais si je re-rencontre cette situation particulière j’essayerai de faire ça . » Là vous avez gagné car vous allez créer un joueur serein qui apprendra de toutes situations et qui osera.

Effet de la pression anti échec

Bien souvent il ne faut pas perdre, il ne faut pas perdre le ballon, il ne faut pas se prendre de buts.

Les conséquences psychologiques sont donc que le joueur a peur de se tromper, de faire des erreurs, il peut donc voir son entraineur comme un dictateur de la réussite. Il en devient pétrifié et n’essaye plus. Il finit par se cacher pendant les matchs, les entrainements, il va tout simplement stagner. Mais si lui est coupable de ne pas essayer, qui est plus coupable de ne pas le laisser le droit de se tromper ?

C’est l’entraineur !

Prenez un gardien de but qui connait un match difficile, il subit la colère de son entraineur et ses coéquipiers car 3 points de perdu c’est trop. Par la suite il peut dans l’optique de ne plus être responsable de cet échec se cacher à l’entrainement, être absent, ou bien se blesser. Une vraie blessure mais déclenchée par un problème psychologique. Un mal être lié à la pression.

Alors que s’il avait dédramatisé cette situation d’échec en ayant l’ambition de devenir meilleur, en partant de son erreur il aurait été dans un processus positif. Là il prend confiance car il oublie la crainte en se concentrant sur des petits éléments rassurants. Il peut etre confronter à une situation d’échec à l’entrainement, la revivre et donc corriger la chose :

  • Positionnement
  • Vitesse de sortie
  • Orientation du corps
  • Positionnement des mains
  • Etc

En lui donnant des clefs ou en les découvrant sans pression le joueur prendra plaisir à comprendre les mécanismes de la réussite, de l’apprentissage du football.

Les parents doivent aussi se confronter à cette réflexion et à leur vision de l’échec. Ils doivent modifier leur comportement notamment dans les catégories de jeunes.

L’échec est omni présent  au foot mais bien souvent il est vu comme quelque chose d’intolérable et donc de non supportable. Pourtant à y regarder de plus prêt et avec plus de calme il faut y voir un appui excellent pour vos futurs succès. Le foot et plus particulièrement en équipe jeune et encore plus à l’entrainement doit être un lieu d’échec…un lieu où on se trompe où on fait des erreurs. Et surtout sans pression car le joueur saura alors que ce n’est pas grave de se tromper en revanche il doit être capable de s’en rendre compte et de savoir apporter des corrections pour changer la donne à la prochaine rencontre.

Mickael Jordan : « J’ai raté 9000 tirs dans ma carrière. J’ai perdu presque 300 matchs. 26 fois, on m’a fait confiance pour prendre le tir de la victoire et j’ai raté.  J’ai échoué encore et encore et encore dans ma vie. Et c’est pourquoi j’ai réussi. »

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LE NOUVEAU BARÈME DISCIPLINAIRE EST BEAUCOUP PLUS SÉVÈRE

Alors que la violence est en hausse sur les terrains de football, la FFF a choisi de durcir les barème disciplinaires pour la saison à venir. Etat des lieux.

La saison dernière, notre rédaction a relaté de nombreux faits de violences qui se sont déroulés sur les terrains de football amateur. Si la hausse de cette violence reste assez marginale, on peut toutefois remarquer une augmentation dans la gravité des actes. C’est pour cela que la FFF a décidé en mars dernier de relever une grande partie des sanctions à l’encontre des joueurs mais aussi – et surtout – des staffs techniques.

Les sanctions concernant l’anéantissement d’une occasion de but (deux matchs), les fautes grossières (trois matchs) et les propos, gestes et (ou) attitudes susceptibles d’offenser une personne (de deux à quatre matchs) n’ont pas été modifiées, tout comme les comportements obscènes (qui heurtent la décence, la pudeur ou le bon goût). Les comportements grossiers et injurieux ont eux été augmentés d’un match de suspension (article 6).

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Les comportements intimidants et menaçants (article 8) prennent deux matchs de suspension supplémentaire.

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Les comportements racistes et discriminatoires (article 9), souvent oubliés par les arbitres et autres officiels, sont passés de six à dix matchs pour les joueurs – et cinq mois pour un membre du staff technique – quels que soient les auteurs et les victimes. A noter que c’est la seule sanction qui ne fait aucune différence sur la victime (joueur, entraîneur ou officiel).

Les sanctions des bousculades volontaires (article 10) et les tentatives de coups (article 11) ont été largement revues à la hausse avec de deux à six mois supplémentaires si la victime est un officiel. Par contre la disproportion des sanctions si la victime est un arbitre ou un joueur/entraîneur/dirigeant est très (trop ?) importante. 

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Concernant les crachats (article 12), les sanctions restent similaires à part à l’encontre des joueurs, entraîneur et dirigeants avec un match en plus c’est à dire de 6 (rencontre) à huit matchs (hors rencontre). Même chose pour les actes de brutalité / coups (article 13.1) avec une légère hausse pour les joueurs, entraîneurs et dirigeants (+2 matchs).

Ce qui a été très sensiblement augmentés, ce sont les sanctions pour les coups occasionnant une blessure dûment constatée par certificat médical. Pour les officiels, ce sont trois ans de suspension qui ont ainsi été ajoutés au précédent barème.

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C’est plutôt une bonne chose de la part de la FFF d’avoir augmenté les sanctions sur les faits les plus graves. Mais celles-ci sont encore beaucoup trop disproportionnées entre les officiels et les autres acteurs. C’est peut-être une piste à creuser pour les prochaines saisons…


En savoir plus sur http://www.footamateur.fr/nouveau-bareme-disciplinaire-beaucoup-plus-severe/#lrk4VlYG2urxkpVu.99 

Par Jérome Bouchacourt -8 août 2017
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RAPPEL...RÈGLES À NE PAS OUBLIER...

SAISON 2017/2018